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Gestion de stock · Méthode

Stock de sécurité et point de commande : formules, exemple sur un vrai historique et fichier offert

Par Anthony Publié le 20 octobre 2026 8 min de lecture

Les deux formules appliquées pas à pas à un an de sorties de magasin, la vérification sur l'historique, les quatre erreurs qui faussent le résultat, et le fichier de calcul à télécharger.

Combien de pièces garder en réserve, et à quel niveau repasser commande ? C’est la première question à régler pour gérer ses stocks en PME, et la réponse se trouve dans votre historique de sorties, à condition de le lire correctement. Cette page fait le calcul complet sur un exemple : un an de sorties d’un disque à tronçonner dans un atelier. Les données sont fictives, mais construites comme un vrai export de bons de sortie, avec ses jours vides, ses fermetures et ses commandes exceptionnelles.

Stock de sécurité, point de commande, stock d’alerte

Le stock de sécurité est la quantité que l’on garde en plus de la consommation prévue. Il couvre les jours où l’on consomme plus que la moyenne pendant que la commande est en route.

Le point de commande est le niveau de stock auquel on passe commande. Il vaut la consommation moyenne pendant le délai de livraison, plus le stock de sécurité. Beaucoup d’entreprises l’appellent stock d’alerte ou seuil de réapprovisionnement : c’est la même chose. Franchir ce seuil déclenche une demande d’achat, qui suit ensuite le circuit des achats jusqu’à la réception.

Les formules

La méthode la plus utilisée suppose que la consommation suit à peu près une courbe en cloche (la loi normale). Elle tient en deux lignes.

  • Stock de sécurité = z × écart-type de la consommation par jour × √délai
  • Point de commande = consommation moyenne par jour × délai + stock de sécurité

Le délai est le délai de réapprovisionnement, en jours. L’écart-type mesure de combien la consommation s’écarte de la moyenne d’un jour à l’autre. Le coefficient z dépend du taux de service que vous visez :

Taux de service viséCoefficient z
90 %1,28
95 %1,65
97,5 %1,96
99 %2,33
99,5 %2,58

Si le délai de votre fournisseur varie, la formule complète ajoute cette variation : stock de sécurité = z × √( délai × écart-type² + consommation moyenne² × écart-type du délai² ). Quand le délai ne varie pas, on retombe sur la formule simple.

Une règle ne souffre aucune exception : l’écart-type et le délai doivent être exprimés dans la même unité de temps. Ici, le jour ouvré.

L’exemple complet : un an de sorties d’un disque à tronçonner

L’atelier de l’exemple consomme des disques à tronçonner de 125 mm. Le magasin a enregistré 338 bons de sortie pour cet article entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026. Le fournisseur livre en 7 jours ouvrés, sans retard notable. Il reste 74 disques en stock.

Étape 1 : passer des bons de sortie aux jours ouvrés

On fait la somme des sorties de chaque jour d’ouverture de l’atelier. L’année compte 232 jours ouvrés, une fois retirés les week-ends, les 9 jours fériés tombant en semaine et 20 jours de fermeture (pont de l’Ascension, fin d’année, trois semaines en août).

Sur ces 232 jours, 44 n’ont aucune sortie, soit 19 %. Ces zéros font partie de la consommation réelle : on les garde. Les jours de fermeture, eux, ne sont pas des zéros : personne ne pouvait consommer.

Étape 2 : la moyenne et l’écart-type

Le 12 mars, un bon de 120 disques sort pour un chantier exceptionnel. Cette commande spéciale ne se reproduira pas : on l’exclut du calcul, sinon elle gonfle l’écart-type pour toute l’année.

Sur les 232 jours, la consommation moyenne est de 7,83 disques par jour et l’écart-type de 5,77.

Étape 3 : le taux de service

On vise 95 %, soit z = 1,645, arrondi à 1,65 dans les calculs à la main.

Étape 4 : le résultat

CalculRésultat
Stock de sécurité = 1,65 × 5,77 × √725,1, arrondi à 26 disques
Consommation pendant le délai = 7,83 × 754,8, arrondi à 55 disques
Point de commande = 55 + 2681 disques
Stock actuel74 disques : on commande

La vérification sur l’historique. L’année contient 226 périodes de 7 jours ouvrés consécutifs. La consommation n’a dépassé 81 disques que sur 9 d’entre elles, soit 4 %. La formule annonçait au plus 5 % : elle tient sur ces données.

Ce que veut dire un taux de service de 95 %

Le taux de service est la probabilité de ne pas être en rupture pendant un délai de réapprovisionnement. Ce n’est pas 95 % des jours. C’est environ une rupture possible tous les 20 réapprovisionnements.

Le disque est commandé par lots de 140, soit environ 13 commandes par an. À 95 %, on s’attend donc à une rupture tous les 18 mois environ. C’est ce chiffre qu’il faut discuter avec l’atelier, pas le pourcentage.

Le taux de service n’a pas à être le même pour tous les articles. On le règle souvent par classe, avec la méthode ABC : plus haut pour les articles critiques, plus bas pour ceux qui coûtent cher à immobiliser.

Combien coûte un point de taux de service

Le coefficient z grimpe vite à l’approche de 100 %. Pour le même disque :

Taux de serviceStock de sécuritéÉcart avec 95 %
90 %20−23 %
95 %26référence
97,5 %30+15 %
98 %32+23 %
99 %36+38 %
99,5 %40+54 %

Passer de 95 à 99 % ne coûte pas « 4 % de plus » : le stock de sécurité augmente de 38 %. Sur les huit articles du fichier offert, sa valeur passe de 868 € à 1 277 €, soit +47 %. Le bon taux n’est pas le plus élevé : c’est celui que vous pouvez payer, article par article, en fonction de ce que coûte une rupture.

Les quatre erreurs qui faussent le calcul

Le même article, le même historique, cinq points de commande :

MéthodePoint de commandeEffet
Correcte : jours ouvrés, zéros compris, commande spéciale exclue81référence
Erreur 1 : oublier les jours sans sortie90 (+9)on commande trop tôt et on immobilise du stock
Erreur 2 : compter les jours de fermeture comme des zéros75 (−6)on commande trop tard et on frôle la rupture
Erreur 3 : garder la commande spéciale dans l’historique102 (+21)un seul jour exceptionnel gonfle l’écart-type
Erreur 4 : écart-type des totaux mensuels avec un délai en jours258 (+177)trois fois trop de stock

La quatrième est la plus coûteuse. L’écart-type des totaux mensuels mesure la variation d’un mois à l’autre, et le mois d’août presque fermé la gonfle. Le multiplier par la racine d’un délai en jours mélange deux unités de temps.

Et les méthodes simplifiées ?

Deux raccourcis circulent dans les ateliers.

  • Le forfait en jours : garder, par exemple, 3 jours de consommation, soit 24 disques. Le chiffre est proche ici, par hasard. La même règle donnerait un stock de sécurité d’une seule élingue pour un article qui sort deux fois par mois, sans tenir compte de ses à-coups.
  • La consommation maximale : (consommation du pire jour − consommation moyenne) × délai, soit (30 − 7,83) × 7, environ 155 disques : six fois trop. En prenant la pire semaine de 7 jours ouvrés (92 disques), on obtient 92 − 55 = 37 : plus raisonnable, mais tout repose sur une seule semaine de l’historique.

La méthode de l’écart-type utilise toute l’année, et elle dit quel risque on accepte.

Quand la méthode ne suffit plus

  • Les articles à rotation lente. Une élingue textile qui sort deux fois par mois a 93 % de jours sans sortie. La courbe en cloche ne la décrit plus : préférez un suivi simple à l’unité ou une règle mini-maxi. Le fichier signale ces articles dans sa colonne « Fiabilité ».
  • La saisonnalité. Dans l’exemple, le film étirable sort presque deux fois plus en novembre et décembre que le reste de l’année. Calculez sur la saison concernée, et recalculez au moins chaque trimestre.
  • Le nombre de références. Avec huit articles, le tableur suffit. Avec 300 références, il faut refaire le calcul chaque trimestre et surveiller chaque stock tous les jours : c’est le moment où un logiciel de gestion de stock prend le relais. Les signes qui l’annoncent sont détaillés dans notre page quand Excel ne suit plus.

Le fichier offert

Le fichier reprend tout l’exemple, pour huit articles d’un atelier fictif. Ses onglets :

  • Sorties : l’historique brut, à remplacer par le vôtre ;
  • Fermetures : les jours fériés et les fermetures de votre site ;
  • Jours : la consommation de chaque jour ouvré, calculée automatiquement ;
  • Articles : délai, taux de service, stock actuel et prix, à adapter ;
  • Calcul : le stock de sécurité, le point de commande et la décision « Commander » ou « OK » ;
  • Taux de service et Pièges : pour comprendre et décider.

Toutes les cellules à modifier sont en jaune. Aucune inscription n’est demandée.

Questions fréquentes

Quelle est la formule pour calculer le stock de sécurité ?

Stock de sécurité = z × écart-type de la consommation par jour × racine carrée du délai en jours. z vaut 1,65 pour un taux de service de 95 %. Si le délai fournisseur varie, la formule complète est z × racine( délai × écart-type² + consommation moyenne² × écart-type du délai² ).

Comment calculer le point de commande d'un produit ?

Point de commande = consommation moyenne par jour × délai de livraison + stock de sécurité. Dans l'exemple de cette page : 7,83 × 7 jours = 55, plus 26 de stock de sécurité, soit un point de commande de 81 pièces.

Comment calculer son stock moyen ?

Avec un réapprovisionnement par lots, le stock moyen vaut environ le stock de sécurité plus la moitié du lot commandé. Pour le disque de l'exemple, commandé par 140 : 26 + 70 = 96 pièces en moyenne sur l'étagère.

Comment calculer la couverture de stock ?

Couverture = stock disponible ÷ consommation moyenne par jour. Avec 74 disques en stock et 7,83 sortis par jour ouvré, la couverture est de 9,5 jours ouvrés, soit à peine plus que les 7 jours de délai du fournisseur.

Sources

Données de l'exemple : fictives, construites pour l'illustration.

  1. Article « Stock de sécurité », Wikipédia en françaisméthode simple, méthode complète et point de réapprovisionnement ; consulté le 20/10/2026
Anthony

Rédaction

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