Le gerbeur Fenwick : gammes, capacités et CACES applicable
Gammes de gerbeurs Fenwick-Linde, capacités et hauteurs de levée réelles, et la recommandation CACES qui s'applique selon que l'opérateur accompagne la machine ou la conduit porté.
Il n’existe pas de « CACES Fenwick ». C’est pourtant l’une des recherches les plus fréquentes sur le sujet, et elle repose sur une confusion : Fenwick est une marque, pas une catégorie d’engin. La recommandation applicable dépend de la façon dont l’opérateur conduit la machine, jamais du constructeur.
« CACES Fenwick » : la confusion à lever d’abord
Deux cas, deux recommandations distinctes :
- Gerbeur à conducteur accompagnant (l’opérateur marche derrière la machine, timon en main) : recommandation R485.
- Gerbeur à conducteur porté (plateforme rabattable ou fixe, l’opérateur est sur la machine) : recommandation R489, catégorie 1B.
Un même modèle décliné en version accompagnante et en version à plateforme ne relève donc pas de la même recommandation. C’est la configuration livrée qui tranche, pas la référence commerciale.
Second point, plus important encore : le CACES n’est pas ce que la loi exige. Ce qui est obligatoire, c’est l’autorisation de conduite délivrée par l’employeur (article R4323-56 du Code du travail). Le CACES est le moyen le plus courant d’évaluer les connaissances requises pour la délivrer, mais il ne s’y substitue pas.
En clair : un cariste titulaire d’un CACES R485 qui n’a pas reçu d’autorisation de conduite signée n’est pas en règle. Et l’inverse est vrai aussi : l’employeur qui délivre une autorisation sans avoir évalué les connaissances engage sa responsabilité.
Ce qu’est un gerbeur, et où il s’arrête
Le gerbeur occupe la place intermédiaire entre le transpalette, qui décolle la charge de quelques centimètres pour la transporter, et le chariot élévateur frontal, qui lui gerbe en hauteur avec une capacité supérieure et sort en extérieur.
Il empile en intérieur, sur sol plan, dans des allées plus étroites qu’un frontal. Dès qu’il faut sortir sur un sol irrégulier, charger un camion depuis le sol ou dépasser les deux tonnes, on quitte le domaine du gerbeur.
Les gammes Fenwick-Linde et leurs capacités
Les valeurs ci-dessous proviennent de la documentation Fenwick-Linde. Les capacités annoncées sont des capacités nominales : la capacité réellement disponible décroît avec la hauteur de levée et le centre de charge, et seule la plaque de charge de la machine fait foi.
| Gamme | Conduite | Capacité | Hauteur de levée max. |
|---|---|---|---|
| L10 – L16 B | Accompagnant | 1 à 1,6 t | 5,47 m |
| L10 – L12 B AS (bras encadrants) | Accompagnant | jusqu’à 1,2 t | 4,7 m |
| L14 – L16 R (position rehaussée) | Porté | 1 400 à 1 600 kg | 5 316 mm |
| L14 – L16 RW (haute levée) | Porté | jusqu’à 1 600 kg | 6,2 m |
La gamme compte aussi des modèles à double palette (série D), des versions à plateforme rabattable et des versions à plateforme fixe avec siège. Ce sont ces dernières qui basculent en R489 catégorie 1B.
Les quatre critères qui tranchent vraiment
1. La hauteur utile, pas la hauteur maximale
Un gerbeur annoncé à 5,47 m ne porte pas sa capacité nominale à 5,47 m. Prenez la hauteur du niveau le plus haut de votre palettier, ajoutez la garde nécessaire au dégagement de la palette, et vérifiez la capacité résiduelle à cette hauteur sur l’abaque du modèle.
2. Accompagnant ou porté
Question de distances parcourues, pas de confort. En dessous d’une trentaine de mètres par cycle, l’accompagnant suffit et reste plus maniable. Au-delà, l’opérateur passe sa journée à marcher et la plateforme se rentabilise — au prix d’un rayon de braquage supérieur et d’un changement de recommandation CACES.
3. La nature des charges
Les versions à bras encadrants (AS) existent pour une raison précise : les charges sous lesquelles on ne peut pas passer les fourches — palettes perdues, charges posées au sol, contenants spécifiques. Si tout votre flux est en palettes Europe standard, elles ne servent à rien et coûtent en largeur.
4. La fréquence, qui décide de la batterie
Usage ponctuel : une batterie plomb et une charge de nuit passent. Deux équipes ou plus : il faut du lithium-ion avec charge d’opportunité pendant les pauses, ou une batterie de rechange et l’espace de local de charge qui va avec. C’est ce point qui fait déraper les budgets, pas le prix de la machine.
Vu en exploitation
Le mode de défaillance le plus courant sur un parc de gerbeurs n’est ni le mât ni le moteur : ce sont les roues et les galets de fourche, usés par un sol dégradé que personne ne repère parce qu’il se dégrade lentement. Un sol fissuré coûte plus cher en pièces d’usure et en immobilisation qu’une reprise de dallage.
Prochaine étape : sortez la plaque de charge de vos machines actuelles et comparez la capacité résiduelle à la hauteur de votre dernier niveau de palettier. Si l’écart avec la capacité nominale vous surprend, c’est que le dimensionnement mérite d’être repris avant tout renouvellement.